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(A Puck’s Translation)

 

« Je n’ai jamais réussi – c’est pour ça que je continue – je pense que quelque chose va arriver – que la magie va m’arriver – je veux transformer la vie – laisser un document sur la vie. Je ne peux rien faire pour les autres – je ne peux faire les choses que pour moi-même – les autres ne peuvent que rester beau. (…) Je suis presque alcoolique. Il faut se refaire de temps en temps par l’alcool ou par les drogues. J’ai peur de la violence. Quoi faire ? Quoi faire ? Je pourrais voler. J’ai déformé ma vie. (…) Je suis naturellement sur le qui vive – c’est ma vie – j’observe. Ce qui me touche, c’est la beauté. Il n’y a que ça. (…) Je n’ai rien fait. ( …) Vivre. Vivre. Vivre c’est rire. On finit par rire. Si j’étais assez courageux, je me trancherais la gorge. Mais j’aime trop la vie. Il faut travailler – et c’est tout.»

  (Francis Bacon – extrait de Continents sans visa – reportage réalisé par Pierre Koralnik en 1964)

 

Note d’intention de mise en œuvre / tissage de réflexions

Ce projet théâtral performatif s’inscrit dans un travail plus global de création que j’ai engagé à partir du Songe d’une Nuit d’Eté de William Shakespeare. L’idée serait de profiter de cette forme pour y extraire le personnage de Puck, cet être fantastique doué du pouvoir de la métamorphose. Déité folklorique mineure du seizième siècle, il possédait cette double faculté d’être aimé et haï (comme le sont la victime et le bouc émissaire). René Girard analyse finement le pouvoir cathartique de projection dont est doté le personnage chez Shakespeare (et qui le rapproche de l’acteur), dans un passage de son livre : Shakespeare, les feux de l’envie. L’idée ne serait pourtant pas de lui rendre hommage dans notre projet puisqu’aujourd’hui seul le personnage reste alors que le mythe populaire, lui, est tout à fait mort. Il nous faut donc recréer une nouvelle figure sensible et concrète afin de la ré-enchanter.

 

Les thématiques qui me travaillent dans ce projet tiennent dans ces trois segments sémantiques présentés dans cet ordre : l’Amour – l’inconnu du démon – la violence de la guerre. Le travail sur Puck est surtout présent dans le segment du milieu.

 

Le choix d’une femme pour représenter ce qui d’ordinaire est associé à la seule caste virile n’est pas anodin. « Au commencement était le Verbe, mais le Verbe était Dieu et Homme. Le Silence est l’ordinaire des femmes » avance l’historienne Michelle Perrot. Je pense à ces femmes infirmières comme Vera Britain qui puisa dans la nature, au détour d’une promenade en forêt : l’amour conjoint du patriotisme et du pacifisme. De la guerre et de l’Amour.

 

Les canon membres génitaux

Engrosse l’amoureuse terre

Le temps est aux instincts brutaux

Pareil à l’amour est la guerre

 

(Apollinaire)

 

 

De Puck à Phersu / Histoire et similitudes :

Phersu est un personnage énigmatique d’origine étrusque. C’est un acteur appelé à jouer des rôles différents. Il est aussi un démon funéraire psychopompe qui montre la voie de l’outre-tombe dionysiaque et de ses jouissances. Comme semble être à l’origine le pùca, il pourrait lui aussi être considéré comme un fantôme. A l’instar de Puck, c’est un être bon et mauvais. Ancêtre probable de l’acteur romain, il n’est pas doué de parole. Il est représenté dans diverses situations dans trois tombes mises à jour à Tarquinia. Le mot Phersu est à l’origine du terme latin persona, qui désigne d’abord le masque de l’acteur romain puis, par extension, le rôle de théâtre ou personnage (et enfin « la personne »). Dans une représentation de la tombe des Augures, il parait s’enfuir ; dans la tombe des Jeux olympiques, il domine la piste où se déroule une course de char ; et dans la tombe du Polichinelle, il exécute une danse relativement calme. Mais, à deux reprises, dans la tombe des Augures et celle des Jeux olympiques, on le voit tenir un chien féroce au bout d’une longue laisse et, devant lui, un homme déjà mordu et ensanglanté essaie de lutter contre les assauts du molosse. Or, la signification de ce jeu cruel animé par le Phersu nous échappe totalement. En tout cas, la fiction théâtrale est bien absente de ce jeu que l’on appelle « Le jeu du Phersu ».

 

(Sources : Cyril Fargues – Histoire Antique hors-série n°15)

 


Conception/Mise en scène: Charles-Eric Petit
Jeu: Charlotte Daquet – Charles-Eric Petit
Lumière: Yann Loric
Son: José Amerveil
Durée Estimée : 30mn